1956-1957 : Jean Diraison au cœur du Groenland

27 Août 1956 - Expédition Groenland : quatre garçons dans le vent. (Collect. ECE)

Au milieu de la photo debout on peut voir Jean Diraison à quelques minutes du largage. Debout à sa gauche : le capitaine Michel de Lannurien. Assis à gauche le docteur Pierre Gennesseaux et à sa gauche Jean Dumont (photo Agence Mondial Presse tirée du magazine Contact N° 35 d’Octobre 1956).

Le 27 Août 1956 un ancien élève de l’Ecole Centrale de TSF, Jean Diraison, radio au ministère de l’intérieur va entamer une expérience hors du commun qui commencera par un parachutage au beau milieu de l’inlandsis du Groenland. Il fait partie d’une équipe de 4 hommes constituée de Michel de Lannurien, Pierre Gennesseaux, et Jean Dumont le chef d’expédition. L’objectif est d’étudier la calotte glaciaire. Pendant presqu’un an, coupés du monde avec qui ils ne communiquent plus que par radio, ils vont d’abord construire une station après s’être fait larguer 19 tonnes de matériel et de vivres. Il s’agit ensuite de creuser un puits d’une profondeur de 40 mètres.

Il faudra extraire 150 tonnes de glace au pic à glace et à la pelle à raison de 15 heures de travail par homme et par jour. Le 21 Juin 1957 la galerie est terminée et l’équipe se prépare pour une longue marche qui doit les conduire à la côte afin d’embarquer à bord d’un hydravion pour le retour. Le 8 Juillet après une traversée à travers les glaces de 280 km ils atteignent le point géodésique Cécilia Nunatak. Chaque homme tire un traineau de 125 kg. Il reste encore 60 km à effectuer pour rejoindre la côte. Mais les rochers et les éboulis les obligent à ramener leur précieuse cargaison à dos d’homme en effectuant de nombreux allers retours. Le 20 Juillet ils peuvent enfin embarquer à bord d’un l’hydravion Norseman.

Pendant toute cette aventure Jean Diraison avait demandé un congé sans solde. L’expédition était financée par la contribution de sponsors et une fois les factures payées il ne restait pas grand-chose pour dédommager les membres de l’équipe. Jean Diraison reçut pour le prix de ses efforts de quoi s’offrit une Vespa.  S’il était nécessaire de démontrer que la soif d’aventure et d’expérience humaine sont des choses qui ne peuvent se vivre que dans un esprit de total désintéressement, en voici  à nouveau un bel exemple.

Le lecteur souhaitant en savoir plus sur cette aventure scientifique et humaine hors du commun pourra utilement se reporter au texte écrit par Georges Gadioux « Groenland : Expédition Dumont 1956/57 » et publié dans les Récits Polaires de l’Association Amicale des Expéditions Polaires Françaises (AAEPF) : http://www.aaepf.org/doc_recits/groenland_56_57.htm#dumont5657 .

JJ Wanègue

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