Le GETS ou la soif d’espace pour les élèves de l’école

Le GETS au camp du Larzac en Septembre 1965. (Collect. Pierre Leroy)

Les choses deviennent sérieuses pour les membres du GETS venus au camp du Larzac pour le lancement de leur première fusée. Ici ils procèdent aux essais de montage du corps de la fusée sur sa rampe de lancement. L’étape suivante va consister à intégrer les sous-ensembles électroniques et d’alimentation puis vérifier le bon fonctionnement de chacun d’entre eux. Après quoi on attendra l’ouverture du créneau de lancement pour commencer le compte à rebours. Sur la photo on peut voir de dos Jean-Claude Guiraudon, professeur à l’école et président de l’association GETS. Averc lui dans cette opération on trouve quatre élèves de l’école : Gouraud, Leroy, Lecomte et Emsalem. (photos collection Pierre Leroy, ancien membre du GETS)

Durant les années soixante la conquête spatiale connait des heures glorieuses avec comme point culminant ce jour du 21 Juillet 1969 où pour la première fois un homme pose pied sur la Lune. Nell Armstrong prononcera cette phrase devenue célèbre : « C’est un petit pas pour l’homme, un pas de géant pour l’humanité ». Plusieurs ingénieurs et techniciens issus de l’Ecole Centrale de TSF et d’Electronique seront les acteurs de cette épopée avec Jacques Pousset, Hubert Palmiéri, et Maurice Piroumian comme chefs de file. Cette fantastique aventure relayée par des journalistes scientifiques comme Albert Ducrocq, Lucien Barnier (ancien élève de l’école), ou François de Closets, va susciter bien des vocations auprès des jeunes, et l’école n’échappera pas à cette nouvelle forme d’attraction. A cette époque un jeune professeur, ancien instructeur de la Marine, qui a suivi les cours de l’école par correspondance pendant ses années au service de la Flotte, enseigne les mathématiques et la physique. Pour illustrer ses cours il profite de l’actualité et dans ses exemples la machine à vapeur cède la place à la propulsion à réaction. Très vite on s’arrache de l’attraction terrestre pour venir se placer sur orbite histoire de voir les choses avec un peu plus de hauteur. Le succès est immédiat d’autant qu’au même moment sur Europe N°1 Albert Ducrocq invitent les jeunes à s’engager dans des activités spatiales. Un jour à la fin de son cours deux élèves l’attendent et lui expliquent qu’ils veulent se lancer dans la construction d’une fusée mais que pour cela ils ont besoin de son aide. Toujours prêt à soutenir des initiatives entreprises par des jeunes enthousiastes, Jean-Claude Guiraudon donne de suite son accord. Il présente le projet à M. Poirot qui décide d’apporter lui aussi son soutien, leur donnant ainsi accès aux ateliers et au laboratoire. En Mai 1963 l’école accueille donc en son sein le GETS, Groupement d’Etudes des Télécommunications Spatiales. Pardonnez du peu. Cette association est rattachée à l’Association Nationale des Clubs Scientifiques, elle-même sous la coupe du CNES. Très vite le GETS compte une quarantaine de membres dont une dizaine constitue le noyau actif. Au départ il s’agit de concevoir et réaliser les équipements électroniques qui seront installés sur une fusée fabriquée par les élèves d’un lycée d’Orléans. Il est déjà question de mettre une souris à bord pour contrôler pendant tout le vol grâce à une chaîne de télémesure le rythme cardiaque de l’animal. Puis très vite notre équipe décide avec son mentor de mettre en chantier la fusée GETS-1. 80 élèves sont mobilisés. Premier lancement prévu au camp de la Courtine en Avril 1965. Mais en raison d’une météo exécrable tous les lancements prennent du retard et la fusée GETS-1 devra attendre Septembre. Rendez-vous est donc pris pour la rentrée au camp du Larzac. La fusée fait 1,30 m de haut et est propulsée par un propulseur Ruggieri M15 de 1 650 kg de poussée. Des soucis techniques de dernière minute retardent le lancement. La trappe devant libérer le parachute pour le retour sur terre refuse de rester fermée. Alors un seul remède : un morceau d’adhésif. Le compte à rebours est lancé. Les secondes s’égrainent … la mise à feu se déclenche et l’engin s’élève dans une superbe trainée de feu. En ce jour de Septembre 1965 l’Ecole Centrale de TSF et d’Electronique grâce à quelques uns de ses élèves réunis au sein du GETS vient d’entrer à son tour dans la conquête spatiale. En quelques secondes la fusée atteint 1 200 m d’altitude. Malheureusement le retour sur terre sera brutal car en raison d’un adhésif trop robuste la trappe n’a pas permis de libérer les deux parachutes. Après plusieurs heures de recherche on récupère l’épave qui semble avoir assez bien supporté le choc. L’électronique a tenu et pour un premier essai, cette demie réussite a quand même le goût d’une victoire.

JJ Wanègue

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4 Réponses pour “Le GETS ou la soif d’espace pour les élèves de l’école”

  1. Emsalem Claude dit :

    Voila j’ai fait parti de l’aventure du Larzac, c’est Jacques Gouraud qui prend la photo.
    J’aimerai beaucoup essayer de contacter Gouraud et Leroy si possible
    Salut et merci pour ce site
    Emsalem Claude

  2. Claude BRUEL dit :

    Je n’ai pas participé au lancement De GETS-01, mais ma femme et moi avons participé à pratiquement tous les tirs jusqu’à GETS-10 (qui n’a makheureusement jamais été lancée). Ce fut pour nous une avanture inoubliable et cette passion m’a orienté dans ma carrière professionnelle en ayant eu l’opportunité de travailler au CNES puis pour l’aéronautique civile et militaire.
    Bonjour à tous les anciens… et bon courage aux nouvraux

  3. JJ Wanègue dit :

    Cher Claude bonsoir

    Je n’hésite pas à te tutoyer car nous étions en classe ensemble et mieux encore nous étions dans le même groupe en laboratoire, avec biens sûr Jean-Claude Guiraudon comme professeur.

    Je suis vraiment content de lire ton message d’autant que grâce à Pierre Leroy et en réponse au message de Claude Emsalem une réunion a eu lieu chez Pierre juste avant le réveillon de Noël. Pierre a fait très fort car il a pu faire venir Jean-Claude, Jacques Papadacci, Maryse. Durant cette réunion j’ai évoqué ton nom et effectivement tout le monde se souvenait de toi. Normalement au printemps une grande réunion aura lieu probablement chez Pierre. Je pense que Pierre sera très heureux d’avoir de tes nouvelles. Je te passerai ses coordonnées hors antenne comme on dit à la radio. En tous les cas bravo pour ta carrière dans le spatial et l’aéronautique.

    Bien cordialement

    José

  4. [...] saluera au passage les membres du GETS, association fondée en 1963 autour d’une passion commune – l’aéronautique et le spatial, [...]

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