Eugène Poirot découvre la T.S.F

1917 : M. Eugène Poirot s’engage dans les équipages de la Flotte et fait la chasse au U-Boot. (Collect. Pierre Mouchel)

Le 5 Décembre 1917, sorti de l’école des mousses M. Eugène Poirot peut s’engager dans les équipages de la Flotte et prendre ainsi part au conflit. (source : magazine Contact)

La première guerre mondiale vient brutalement modifier les projets scolaires du jeune Eugène Poirot alors qu’après tous ses voyages sa soif d’apprendre est grande. Après l’école des mousses dont il sort premier de sa promotion sur mille élèves, il s’engage dans les équipages de la Flotte le 5 Décembre 1917. Il a 16 ans et à ce titre fait partie des plus jeunes engagés dans ce conflit. Quelque part il a à cœur de venger son frère aîné grièvement blessé au début des hostilités.

Un matin lors du lever des couleurs on demande trois volontaires pour apprendre le morse. Il n’a pas la moindre idée de ce que c’est mais la simple satisfaction de savoir qu’il y a quelque chose de nouveau à apprendre lui suffit. Il ne mesure pas encore où cette curiosité bien placée va l’entraîner. On le retrouve donc à l’école de Radioélectricité de la Marine de Toulon où il a entre autres professeurs de TSF un certain M. Lavigne.

Là aussi il se distingue par ses qualités. Il y fait la connaissance d’un autre marin qui comme lui avait fait l’école des mousses sur le vaisseau école Armorique et suit à présent la même formation de Chef de Poste TSF. C’est Charles Maillard. Bien des années plus tard Charles Maillard dresse un portrait de son ami d’Eugène Poirot où il le décrit comme un travailleur acharné, quelqu’un de déterminé sachant affirmer son autorité quand cela est nécessaire. Mais derrière cette façade on découvre un grand gosse toujours en quête d’une bonne farce.

Après cette formation et son diplôme en poche, Eugène Poirot est affecté comme opérateur radio sur un dragueur de mines et se trouve ainsi lancé dans la lutte contre les sous-marins allemands, les fameux U-Boot et ce jusqu’à la fin du conflit. Cet engagement contre les forces du Kaiser l’amène à naviguer sur pratiquement toutes les mers et les océans du globe. On le retrouve tantôt sur le contre-torpilleur Magon, tantôt sur la canonnière Impatiente, ou encore sur les patrouilleurs et les dragueurs de mines Actif, Menhir, Touquet, Séduisant ou Laprade.

La guerre terminée il poursuit sa vie aventureuse à bord des navires de la Flotte jusqu’à sa démobilisation en 1922. Le bagage avec lequel il remet les pieds sur la terre ferme est bien maigre. Mais qu’importe car il détient dans son portefeuille un document auquel il tient par-dessus tout, lui le gamin venu d’outre-mer et issu de l’école des mousses. Il s’agit d’un certificat de bonne conduite que lui a délivré le Commandant Terraux qui deviendra plus tard Amiral et qui dit ceci :

« Excellent officier marinier, intelligent, instruit, et dévoué. »

En quelques mots ce certificat dépeint là avec fidélité le jeune Eugène Poirot. On y découvre les qualités qui sont les piliers de ce que sera dans les années et les décennies qui vont suivre les clés de la réussite de son œuvre et de son engagement. Peut-être manque-t-il à ce portrait l’un des traits de caractère que rapportait son ami Charles Maillard, à savoir cet esprit enjoué. Mais il s’agit là d’une caractéristique qui n’a pas à figurer sur un document officiel d’autant qu’elle se manifeste assez naturellement dès lors qu’on prend le temps de vivre aux côtés d’Eugène Poirot.

Son engagement en tant de guerre alors qu’il n’est encore qu’un adolescent lui vaut de faire partie de la
« Légion des Mille » qui regroupe en son sein à partir de Janvier 1935 les mille plus jeunes combattants volontaires de la guerre mondiale. Il en deviendra plus tard le secrétaire général puis le président.

JJ Wanègue

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