Le Titanic : la TSF au secours des navires en détresse.

Le 14 Avril 1912 : le naufrage du Titanic. Au centre l’opérateur radio Jack Phillips. (Collect. JJ Wanègue)

Le 14 Avril 1912, lors de sa traversée inaugurale le Titanic heurtait un iceberg au large de Terre-Neuve. Jusqu’à la dernière minute l’opérateur radio principal, Jack Phillips, restera à son poste pour appeler des secours et donner la position du navire blessé à mort. (source : documents collection JJ Wanègue)

Dans l’inconscient collectif la radio, les SOS, et leur utilisation dans la marine sont intimement liés à la catastrophe du Titanic. Mais avant cette tragédie il y eut bien d’autres naufrages qui connurent des dénouements beaucoup plus heureux, et ce dès 1900. La catastrophe la plus importante qui fut évitée grâce à la TSF fut celle du paquebot Republic de la White Star Line. Dans la nuit du 23 au 24 Janvier 1909 il fut éperonné par le navire italien Florida au large de Nantucket. L’opérateur radio, Jack Binns, put émettre son signal de détresse C.Q.D (Come Quick Distress).

Bien que dès 1906 la convention internationale de Berlin sur la radiotélégraphie recommande d’utiliser le signal de détresse S.O.S, non pas parce qu’il veut dire « Save Our Souls » mais en raison de sa simplicité à émettre et de sa reconnaissance caractéristique immédiate, à cette date nombre de navires sont équipés du système Marconi opéré par des opérateurs Marconi. CQD est le signal d’urgence officiel de toutes les stations Marconi. Le Florida n’était pas équipé de station radio mais le paquebot Baltic reçut l’appel de détresse et plus de 1500 vies purent ainsi être sauvées.

Mais l’accident qui allait marquer définitivement l’opinion publique à travers le monde fut la catastrophe du Titanic parti de Southampton le 10 Avril 1912 pour son voyage inaugural vers New York. Ce paquebot  de la White Star Line dispose d’équipements radio Marconi et utilise les services de deux opérateurs radio loués par le fournisseur de ces équipements qui en 1912 est présent sur l’essentiel des navires. L’opérateur principal est Jack Phillips et le second opérateur est Harold Bride. Dans la nuit du 14 Avril le Titanic croise au large de Terre Neuve.

Bien que réputée dangereuse en cette période de l’année, de nombreux bâtiments préfèrent l’emprunter afin de raccourcir la durée des traversées de l’Atlantique Nord. A 23H45 malgré les avertissements des vigies et les manœuvres de l’officier de quart, le navire ne peut éviter la collision avec un iceberg. La suite on la connait. Dans un premier temps et à plusieurs reprise l’opérateur Jack Phillips envoie son signal de détresse C.Q.D, et non un S.O.S, équipement Marconi oblige.

La station terrestre de Cape Race à  Terre-Neuve reçoit le message de  détresse ainsi que  plusieurs navires croisant dans les parages dont le Carpathia qui fait immédiatement route à toute vapeur sur le lieu du naufrage. Mais il mettra sept heures pour arriver sur les lieux en raison de la distance et des eaux encombrées par les glaces. L’issu fatal ne faisant que se préciser, Jack Phillips reçoit l’ordre du commandant Smith d’envoyer le nouveau message de détresse international S.O.S.

Grâce à la TSF 717 vies purent être sauvées. Parmi les rescapés figurait le radio en second, Harold Bride, qui eut les pieds brisés et gelés. Le radio principal Jack Phillips fut repêché à bord d’une chaloupe où il périt d’hypothermie et d’épuisement. Il y eut en tout 1500 victimes. Une fois encore la TSF venait de faire la démonstration de son utilité dans le secours à porter aux navires en détresse. La conséquence immédiate fut la Convention Radiotélégraphique Internationale de Londres du 5 Juillet 1912.

Dès lors il devenait évident que la marine marchande aurait besoin d’opérateurs radio qualifiés et que peut-être cette formation ne pouvait plus être laissée aux seuls soins des compagnies de radiotélégraphies.

JJ Wanègue

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2 Réponses pour “Le Titanic : la TSF au secours des navires en détresse.”

  1. Laurier de Lachevrotière dit :

    j’ai travaillé comme officier radio télégraphiste dans la marine marchande et j’ai plusieurs anecdotes à raconter

    laurier

  2. Réponse à l’attention de M. Laurier de Lachevrotière

    Cher Monsieur bonjour

    Merci pour votre message dont je viens de prendre connaissance. Bien sûr toute anecdote sur l’histoire de la marine marchande de nature à nous éclairer un peu plus sur ce qu’a été le rôle des radios télégraphistes est la bienvenue.

    En attendant le plaisir de vous lire,

    Bien cordialement

    JJ Wanègue

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