Mario Marret et les missions Paul Emile-Victor

Mario Marret et l’amour de ses chiens. (Collect. ECE)

Durant l’hivernage 1952/1953, le radio Mario Marret est chef d’expédition pour l'étude d’une importante roockerie de manchots Empereurs sur l’île des Pétrels. A la fin de l’hivernage on lui fait comprendre que faute de budget il n’y aura pas de prochaine campagne et qu’il doit abandonner là ses chiens. (montage photo à partir de documents extraits des magazines Contact de la collection ECE)

Depuis sa création l’Ecole Centrale de TSF entretient des liens très privilégiés avec les expéditions polaires, d’abord celle du commandant Charcot, puis celles de Paul-Emile Victor qui en 1946 parvient à convaincre le gouvernement français d’organiser des expéditions scientifiques au Groenland et en Terre Adélie. A chaque fois on retrouve dans ces expéditions des opérateurs radios issus de l’école parmi lesquels certains deviendront chefs d’expédition comme René Merle ou Mario Marret. Intéressons-nous à ce dernier. Il participe à la première expédition au Groenland de 1948 puis prépare les missions en Terre Adélie. Il joue rôle important lors de la deuxième campagne de 1950 qui voit la construction de la base Port-Martin.

Durant cette campagne il révèle d’exceptionnelles qualités en tant qu’opérateur radio et en tant que mécanicien tout en accomplissant un travail scientifique d’importance. Durant le voyage maritime d’approche le cinéaste décède d’une crise cardiaque. C’est donc Mario Marret qui assurera le tournage des films, réalisant ainsi des documentaires qui seront récompensés par des prix prestigieux. En 1952 il se retrouve chef d’expédition pour mener avec une petite équipe une étude à la Pointe-Géologie sur la rookerie des manchots. Le reste de l’expédition est débarqué à Port-Martin mais la base est entièrement détruite par un incendie dans la nuit du 23 au 24 Janvier. Toute l’équipe décide de rester à Pointe-Géologie malgré l’exiguïté des aménagements.

Mario Marret se trouve donc responsable de l’intégralité de l’expédition qui décide de demeurer là pour hiverner. Dans l’incendie le poste émetteur principal a été détruit. Il réussira avec très peu de moyens à construire un poste émetteur plus puissant pour pouvoir assurer les liaisons avec la France. Vers la fin de cette mission il reçoit un bien triste message de la part de Paul-Emile Victor lui annonçant une réduction massive des subventions qui annule toute mission l’année suivante. On demande à Mario Marret ce qu’il compte faire des chiens de traîneaux.

Pour lui pas question d’abandonner ses chiens, ou de les tuer comme le laisser comprendre le message, alors qu’ils ont durant ces deux campagnes successives rempli des missions que l’homme avec ses engins mécanisés était bien incapable d’accomplir. Et du coup par le relais des ondes Mario Marret parvient à sensibiliser la presse française qui grâce à ses articles recueille un grand nombre de propositions d’adoption.

JJ Wanègue

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