Les radios et Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle

Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle : la patronne de tous les radios. (Photo JJ Wanègue)

Statue en bois de la Vierge à l’Enfant de l’église de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, située rue de la Lune, juste à coté de l’ancien siège de l’Ecole Centrale de TSF. (photo JJ Wanègue)

Si partant de la Porte Saint-Denis vous entamez les premiers mètres du boulevard de Bonne-Nouvelle du côté gauche, vous trouverez une rue qui s’élève rapidement au-dessus de cette large artère haussmanienne. N’hésitez pas à gravir cette rue et alors qu’elle se divise en deux, veillez à poursuivre votre marche dans l’étroite rue se trouvant à droite. Vous voici rue de la Lune. Au numéro 12 prenez le temps de vous arrêter pour contempler ce qui pendant sept décennies fut le siège de l’ECE, plus connue en des temps anciens sous le nom d’Ecole Centrale de TSF. A présent poursuivez votre douce ascension pour parvenir devant le porche de l’église de Notre-Dame de Bonne Nouvelle.

N’hésitez pas à pousser les portes capitonnées pour pénétrer dans ce lieu de recueillement qui au risque de vous surprendre a un rapport très particulier avec l’école. Sur le côté gauche se trouve une chapelle avec au-dessus de son autel une vierge à l’enfant rayonnante de beauté sculptée dans du bois de poirier. Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle ne doit pas être uniquement vénérée pour la bonne nouvelle qu’un jour elle reçut de la part de l’ange Gabriel, mais pour toutes les bonnes nouvelles que son aimable mission conduit à apporter aux humains.

La radio est née avec le 20ème siècle. C’est dire si dans les années trente elle est encore bien jeune. Grâce à tous ces opérateurs dont beaucoup ont eu pour berceau l’école qui se trouve à deux pas de cette église c’est toute une profession qui s’est donné pour mission d’envoyer des nouvelles qui se veulent bonnes, rassurantes autant que faire se peut. Les artilleurs, les sapeurs, les anciens de Polytechnique et de Centrale, et autres ingénieurs ont une patronne qui est Sainte Barbe. Alors pourquoi la corporation des radios n’aurait-elle pas une patronne.

C’est l’idée qui traversa l’esprit d’André Laphin, journaliste parisien, alors qu’il sortait d’une visite à l’Ecole Centrale de TSF. Songeant aux services dévoués que rendent tous ces radios il devenait évident que Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle ne pouvait qu’accepter avec grâce de devenir leur patronne bienveillante. Le 4 Mars 1936 eut lieu la célébration de la « Journée de la Radio » avec une cérémonie que le cardinal Verdier vint présider en cette église pour marquer cette consécration.  Il s’ensuivit un banquet dans les salons de l’Aéroclub sous la présidence du père de la radio, Edouard Branly. Ne pouvant se déplacer, celui-ci adressa par la voie du sans fil le message suivant :

« Je suis heureux de saluer la naissance de la corporation de la T.S.F. Pour la première fois se sont groupés tous les artisans de la radio, manuels et intellectuels : chercheurs, techniciens, compositeurs, artistes, journalistes, auditeurs ; et des héros, les admirables radios de l’aviation, de la marine, de la guerre.  Unis les artisans de la radio ont voulu avoir une âme commune. C’est de toute cette âme qu’ils s’inclinent et que je m’incline avec eux devant Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, patronne de la radio. »

JJ Wanègue

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