Philippe Josse ou les souris de Barberousse

Barberousse, un ancien de l’E.C.T.S.F. toujours fidèle à son école. (Collect. ECE)

Si la radio a perdu un technicien épris de liberté en la personne de Philippe Josse, l’esprit français a gagné au passage avec Barberousse un dessinateur dont la patte est immédiatement reconnaissable. Homme au subtil talent avec son bestiaire composé de chats, de chiens, de souris et d’oiseaux, Barberousse nous ravit dans toutes les situations auxquelles ses personnages emblématiques se prêtent pour nous faire sourire. (dessin tiré du magazine Contact N° 113 du 4ème trimestre 1976)

Si nous vous disons Philippe Josse, il y a de grandes chances pour que ce nom n’évoque rien pour vous. Par contre pour certains anciens de l’école, peut-être que le nom de Barberousse commence à rappeler quelque chose. Si maintenant nous vous montrons quelques dessins où des souris ont souvent maille à partir avec un chat glouton toujours à la recherche de son mets de prédilection, alors d’un seul coup tout s’illumine pour vous. Mais c’est « bien sûr », c’est le dessinateur Barberousse. Saviez-vous qu’en des temps déjà anciens il était élève de l’Ecole Centrale de TSF ? Cela remonte très exactement au 28 Septembre 1938 : Philippe Josse s’inscrit au cours d’Officier Radio de la Marine Marchande alors qu’il a 18 ans.

Comme le disait notre ancien directeur, M. Eugène Poirot, dans un portrait qu’il devait tracer de lui treize ans plus tard : « l’élève fut somme toute banal et si la radio devait perdre là un technicien, l’esprit français gagna au passage un brillant élément. » Alors qu’il doit passer son examen de Radio des PTT à Nantes où il vient d’être convoqué avec trois de ses camarades, Philippe est complètement « sec ». Un comble, alors que la nuit précédant l’épreuve il n’a pas manqué de bien s’hydrater dans les bistrots du port. Aussi plutôt que de rendre une feuille blanche il ne trouve pas mieux que de croquer les examinateurs sous sa plume agile et spirituelle. De retour rue de la Lune il se risque à afficher ses caricatures dans la vitrine du couloir.

Ainsi commence là la carrière de dessinateur de celui qui allait devenir Barberousse. Mais invité par le directeur à un peu plus de sérieux il réussit à passer son Certificat Spécial de Radio. Au sortir de l’école il ne lui est pas possible d’embarquer pour des raisons de santé. Alors on le retrouve dans les Studios Risacher à créer des dessins pour des films d’animation. En 1942 malgré quelques ruses il ne peut se soustraire au STO et se retrouve en Allemagne. Il réussit à s’échapper et revient à Paris où il est recherché. Le jeu du chat de la souris vient de commencer. Il doit donc prendre le maquis dans le Puy-de-Dôme.

Vivant dans les bois il se laisse pousser la barbe. Celle-ci lui va fort bien même si sa couleur rousse vient contredire sa chevelure châtain. Peu importe, désormais il s’appelle Barberousse. Durant cette période il prend part à des combats héroïques. Formé à la TSF, on le retrouve dans un car radio chargé d’assurer les liaisons inter-bataillons. La paix revenue il reprend ses cours et prépare le concours de Chef de Centre Radio. Démobilisé il se lance définitivement dans le dessin pour très vite connaître la consécration en collaborant à Ici-Paris et France-Dimanche.

Le N°14 de Décembre 1951 du journal Radio Contact de l’amicale des anciens de l’école devait recueillir sa première participation sous forme de bandeau en ouverture du portrait que M. Eugène Poirot devait tracer de lui.

JJ Wanègue

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